jeudi 31 juillet 2014

Lettre ouverte à Madame Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé

Arnautu FN Nice PACA

Communiqué de Presse de Marie-Christine Arnautu, Vice- présidente du Front National en charge des Affaires Sociales – Député européen du 31/07/2014

Madame le Ministre,

Mme Joëlle Melin, Député Européen et Conseillère de Marine Le Pen en matière de santé, avait déjà tenté de vous alerter le 15 juillet 2014 sur la situation surréaliste du service d’oncologie pédiatrique de l’Hôpital de Garches.

Sans réaction aucune ni de votre part, ni de M. Claude Evin, Directeur de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France, ni de M. Martin Hirsch, Directeur Général de l’Assistance Publique-HP, j’ai donc rencontré et écouté plusieurs personnes, dont le Docteur Nicole Delepine, chef du service que vous n’avez même pas daigné entendre pas plus que les familles et leurs associations.

A ce jour, et sous la menace qui semble se préciser d’expulsion par la force publique le 9 août, voire même dans les prochains jours d’après les dernières informations, des médecins, parents et enfants refusant de quitter le service, je vous saurais gré de bien vouloir répondre à mes interrogations :

• Profitez-vous du départ à la retraite du Dr Delepine pour transférer à l’hôpital Ambroise Paré ce service d’oncologie pédiatrique qui pourtant bénéficie depuis le 19 octobre 2004 d’un protocole d’accord définitif à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, et qui affiche un taux officiel de rémission de 80% ?Le transfert annoncé doit s’opérer dans un service de pédiatrie générale inadaptée, sans médecins formés à la médecine individualisée, sans conditions matérielles adéquates (pas de flux laminaire, pas de décontamination de l’air, pas d’isolement des autres malades atteints de pathologies infectieuses et sans autorisation ARS, ce qui est un comble !)

• Si oui, quelles sont vos véritables motivations : serait-ce la pression d’éventuels lobbys pharmaceutiques ? Serait-ce votre opposition frontale à prendre en considération l’intérêt des enfants et de leurs familles ?

• Le service du Dr Delepine a effectivement toujours privilégié des traitements individuels plutôt que les « protocoles » imposés de façon dictatoriale et devant être infligés de façon autoritaire à tous les enfants, quelque soit leur pathologie : est-ce ce monopole que vous soutenez au risque de cautionner que les enfants soient de simples cobayes d’essais thérapeutiques de différentes recherches ?

• Refusez-vous aux enfants atteints d’un cancer le droit fondamental d’être soignés selon le code de santé publique et le code de déontologie et en respect du code de Nuremberg, plutôt qu’être engagés d’office dans des essais thérapeutiques, risquant de leur faire perdre des chances de survie ?

• Avez-vous été informée que des camions de CRS ont été appelés pour évacuer quatre personnes déjà âgées, grévistes de la faim, et que 9 vigiles empêchent l’entrée des familles et des médecins dans le service du Docteur Delepine depuis le 6 juillet. Moins bien traités parfois que des délinquants, ils doivent montrer leurs papiers d’identité et être inscrits sur une liste arbitraire établie par la direction.

• Avez-vous été informée qu’un jeune patient en traitement, sorti pour 48h, s’est vu refuser son admission ce matin dans ce même service ?

• Approuvez-vous le harcèlement moral qui semble s’être installé de façon pérenne vis-à-vis des médecins, exerçant encore dans le service aboutissant déjà à un arrêt pour « burn-out » grave ?

• Approuvez-vous que soit refusée par les vigiles encore présents sur les lieux, l’entrée du Docteur Delepine dans l’hôpital, sous couvert qu’elle est à la retraite depuis quelques jours ?

• Etes vous prête à prendre le risque que des enfants meurent car, pour des raisons encore obscures, personne sous votre autorité, ne veut admettre que la fermeture de ce service et la cessation programmée des soins qui sont prodigués aux petits malades, entraineront inexorablement l’arrêt des traitements individuels qui pourtant portent leurs fruits ?

• Allez vous enfin cautionner le recours à la force publique afin d’expulser dans les prochains jours, en période de vacances estivales, parents et enfants de ce service, en les assimilant à des criminels ?

Madame le Ministre, les familles qui ont essayé de vous alerter sur le cauchemar qu’ils sont en train de vivre, en faisant une grève de la faim, n’ont pas été entendues.

Je vous demande instamment de privilégier l’intérêt des enfants et de revenir sur cette décision absurde, injuste, et injustifiée de la fermeture du service d’oncologie pédiatrique de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches. Avant qu’il ne soit trop tard, je vous demande de comprendre que lorsque la vie de leurs enfants est en jeu, les parents sont prêts à toute forme de résistance.

Des drames pourraient survenir, vous pouvez encore les éviter. Nous serons extrêmement vigilants sur le sort que vous allez leur réserver.

1er août : fête nationale suisse


Fête nationale suisse : L'immigration et l'UE au cœur des discours

Drapeau Suisse Genève

La Fête nationale a débuté jeudi soir dans de nombreuses communes. Dans les discours, les thèmes de l'immigration et de l'UE ont été très populaires.

Les conséquences du vote du 9 février sur l'immigration et les relations avec l'Union européenne (UE) ont été dans toutes les bouches ministérielles ou de politiciens.

Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a débuté son marathon à Rorschach (SG), où il a rappelé que Confédération dispose d'atouts solides pour prolonger son histoire à succès, notamment sa capacité d'innovation et son économie en bonne santé.

Cette réussite n'est possible que si la Suisse accepte l'évolution du monde qui l'entoure. Il s'agit de continuer à soigner les collaborations importantes, comme avec l'UE dans le domaine scientifique.

Dans cette optique, la votation populaire du 9 février ne manque pas d'inquiéter Johann Schneider-Ammann. Pour le conseiller fédéral libéral-radical, les conséquences d'une rupture de ce partenariat avec l'UE seraient graves pour toute l'économie et le monde scientifique suisse.

Pas question toutefois de fouler aux pieds la volonté du peuple qui a souhaité la réintroduction des contingents en matière d'immigration, a souligné le Bernois.
Préserver la prospérité

Alain Berset a rappelé à Sursee (LU) que la diversité a fait de la Suisse un pays prospèrestable et novateur. Le ministre de l'intérieur a insisté sur la nécessité de la préserver. Pour cela, le Fribourgeois a appelé à régler certains problèmes.

Car l'acceptation de l'immigration, sujet actuel de discorde avec l'UE, dépend du «sentiment de sécurité des habitants» de la Suisse«Des mesures d'accompagnement solides» sur le marché du travail s'avèrent donc indispensables pour rassurer la population.

Les entreprises ne doivent pas se contenter «de profiter des centaines de millions de consommateurs de l'UE». Elles doivent également assumer leurs responsabilités à l'égard de la société.

Si des solutions sont trouvées dans ces domaines, les relations avec «notre plus important partenaire économique» pourront être normalisées.

Carl Spitteler toujours d'actualité

LützelflühUeli Maurer a appelé à revenir aux principes qui ont fait la force de la Suisse. Le ministre de la défense s'est référé au discours «Notre point de vue suisse» prononcé en 1914 par l'écrivain alémanique Carl Spitteler.

A l'époque - après l'éclatement de la Première Guerre mondiale - l'homme de lettres avait plaidé pour la neutralité absolue de la Suisse. Le discours de celui qui allait recevoir plus tard le Nobel de littérature est toujours d'une grande actualité politique, a déclaré Ueli Maurer.

Aujourd'hui aussi, la Suisse est sous la pression de pays voisins, en principe amis, et d'organisations internationales. «Nos particularités sont régulièrement critiquées, nos lois décidées par le peuple et ses représentants sont dans le collimateur», estime le Zurichois.

Sus aux «juges étrangers»

Krauchthal (BE), le vice-président de l'UDC et ancien conseiller fédéral Christoph Blocher s'en est à nouveau pris aux juges étrangers et au droit international, qu'il accuse de menacer l'indépendance et la liberté de la Suisse.

Et d'accuser pêle-mêle les politiciens, les juristes, les experts ou le Tribunal fédéral de vouloir mettre fin à la liberté suisse et de céder devant l'étranger. «Le 'Sonderfall' helvétique est mis sous pression par les Etats-Unis, l'Europe, les organisations internationales». Une constante de notre histoire, selon lui.

Afin de résister, il faudra absolument refuser dans les urnes le futur accord-cadre institutionnel que la Suisse prévoit de signer avec l'UE.

Repli sur soi

C'est à Grimentz (VS) que le président du PDC Christophe Darbellay a prononcé son discours. Il y a loué les succès du modèle suisse, «unique», tout en fustigeant la tendance actuelle à la peur et au repli sur soi.

Christophe Darbellay a rappelé que l'immigration est un facteur décisif pour la Suisse en matière de succès économique. Il a notamment évoqué le «Français» Henri Nestlé, le «Libanais» Nicolas Hayek, ou «l'Italien» Léonard Gianadda.

Il n'a pas oublié les ouvriers venus d'ailleurs qui ont construit les barrages et les autoroutes valaisannes, précisant toutefois que les étrangers «qui ne respectent rien de ce pays devraient prendre le premier avion.»

Une Suisse sociale, moderne, et solidaire

Dans une vidéo sur Internet, le président du PS Christian Levrat a vanté les mérites d'une Suisse sociale, moderne, et solidaire. Il en a également appelé aux avancées sociales qu'a connues le pays, ainsi qu'à l'héritage des figures historiques du PS.

Le Fribourgeois, qui a tenu son discours en français et en allemand, a vanté une Suisse pour tous, sans privilèges, accueillante envers le touriste ou le migrant, et festive.

Le 31/07/2014 avec ATS

Mentions Très Bien au Bac 2014 : Gilbert Collard exige le rétablissement des bourses au mérite

Collard 4

Question n° 28­02469 déposée sur le bureau de l'Assemblée nationale par Gilbert Collard, député RBM du Gard, le 31/07/2014

M. Gilbert Collard attire l’attention de Mme la secrétaire d’État, auprès du ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche, sur la situation des nouveaux bacheliers qui viennent d’obtenir la mention Très Bien.

Depuis cinq ansces étudiants recevaient une bourse au mérite qui leur permettait d’entamer des études supérieures dans des conditions matérielles décentes. Or, en 2013, l’État avait envisagé de supprimer cette excellente initiative, au moment même où la qualité de notre enseignement fait sérieusement débat.

Les bacheliers mention TB de la cuvée 2014 viennent seulement de l’apprendre brutalement par un courrier du CROUSCe mauvais coup porté à l’élitisme républicain soulève l’indignation bien au delà du cercle des familles concernées. Les informations en provenance de vos services extérieurs laissent cependant espérer que les bourses au mérite « mention T.B. » pourraient être rétablies et dé­contingentées dés le mois d’octobre 2014 .

M. Gilbert Collard souhaiterait savoir si les allocataires concernés seront rapidement fixés sur cette question qui conditionne parfois le choix de leur cursus.

Ebola: comment le monde se prépare à la possibilité d'une pandémie

Virus Ebola

Plus de 1.300 cas recensés pour 729 décès dont 57 lors des dernières 96 heures... Tel est, selon l'OMS, le terrible et très provisoire bilan de l'épidémie de fièvre Ebola qui sévit depuis le début de l'année dans l'ouest de l'Afrique et dont les ravages s'accélèrent. 

Le virus est donc mortel dans près de 57% des cas et tandis que quatre pays -la Guinée, le Libéria, la Sierra Leone et le Nigéria- sont désormais touchés, l'organisation Médecins sans frontières a averti que le virus était "hors de contrôle" et qu'il y avait un "réel risque" de voir cette liste encore s'allonger. 

Et s'il est peu probable de voir la contagion se propager à d'autres continents, c'est désormais le monde entier qui s'inquiéte. 

La France "a les moyens de faire face"

En France, pas question de céder à la panique. Si sur le site du ministère de la Santé, la dernière note à destination des professionnels de santé au sujet du virus date du mois d'avril dernier, pour la ministre Marisol Touraine, "la France a les moyens de faire face" en cas d'importation de la maladie. 

"Nous avons mis le dispositif de veille sanitaire en alerte pour sensibiliser les professionnels de santé au diagnostic et aux modalités de prise en charge au cas où un malade se présenterait souffrant de fièvre et rentrant de l'un des pays concernés par l'épidémie", a souligné la ministre dans un entretien accordé au journal Le Parisien. 

L'Union européenne juge le risque "infime"

L'Union européenne (UE) est équipée pour dépister et traiter les malades contaminés par le virus Ebola, mais la probabilité que l'épidémie touche les Etats membres est "infime", assurait mercredi une source européenne. "On ne peut écarter la possibilité qu'un cas parvienne en Europe, mais [nous avons] les moyens de dépister et de contenir rapidement l'épidémie".  

Aucun cas avéré d'importation du virus en Europe n'a été recensé à ce jour, mais l'Union a déjà connu ses premières alertes. "Un cas suspect a été signalé à Valence, en Espagne. Il s'est en fait avéré négatif, mais le système a fonctionné".  

Le Royaume-Uni parle d'une "menace sérieuse"

Rapporté aux autres pays d'Europe, le flegme britannique manque pour une fois à sa réputation. A Londres, une réunion interministérielle de crise a été convoquée mercredi à propos de cette épidémie que "le Premier ministre [David Cameron] considère comme une menace très sérieuse", a expliqué le chef de la diplomatie Philip Hammond

Le ministre des Affaires étrangères s'est toutefois voulu rassurant après la réunion. "Nous avons des procédures de contrôle de l'infection qui rendent [l'hypothèse d'une propagation] très peu probable", a-t-il assuré, ajoutant que l'"approche la plus logique" était de fournir de l'aide "pour traiter la maladie à la source". 

Hong Kong envisage des mesures de quarantaine

Hong Kong, l'une des plaques tournantes du trafic aérien mondial est aussi un aéroport de transit de première importance. Les autorités étaient déjà en première ligne à l'époque du SRAS ou de la grippe aviaire. Il en va de même pour l'épidémie de fièvre Ebola et le gouvernement a déjà averti qu'il envisageait de possibles mesures de quarantaine en cas d'aggravation de la situation en Afrique de l'Ouest. 

Les Etats-Unis rassurent mais invitent à la vigilance

Au Etats-Unis, on connait mieux que quiconque le virus Ebola, puisqu'il s'agit du seul pays occidental à compter un patient infecté sur son sol. Il ne s'agit pas d'un cas "importé", mais d'un médecin américain, contaminé en Afrique tandis qu'il combattait l'épidémie, soigné depuis quelques jours dans un hôpital texan.  

Pour le reste, même en temps normal, les aéroports américains sont parmi les plus surveillés. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) jugent improbable la possibilité d'une pandémie, mais ont publié sur leur site internet une liste de mesures et de précautions à prendre pour se protéger. Enfin les autorités déconseillent de voyager en Guinée, Sierra Leone et Libéria

Le Kenya, l'Ethiopie et la RDC se préparent

Le Kenya et l'Ethiopie, qui abritent deux des plus importantes plates-formes aéroportuaires d'Afrique, ont annoncé jeudi avoir renforcé leurs mesures pour éviter l'entrée du virus Ebola sur leur territoire.  

Enfin la République démocratique du Congo a annoncé de nouvelles mesures sanitaires pour prévenir l'apparition sur son sol de la fièvre hémorragique, notamment un monitoring accru des vols en provenances des régions frappée par le virus. 

Le 31/07/2014 avec AFP

La fontaine de jouvence

Engelmann Fabien et son équipe municipale

Communiqué de Presse de Fabien Engelmann, Maire de Hayange du 21/07/2014

Notre pays s’effondre sous un chômage de masse, une perte de la productivité, une dette nationale abyssale et une insécurité grandissante. Le monde est bouleversé par des évènements des plus inquiétants, susceptibles de mettre en cause le fragile équilibre de la paix. Pourtant, une simple remise en peinture inscrite dans un programme global de rénovation des équipements et mobiliers urbains fait sursauter Mme.Filippetti, ministre de la culture, M. Masseret, président du conseil régional de Lorraine ainsi que de nombreux journalistes en quête de « sensationnel ». Voilà le scandale de la semaine. La même « atteinte au patrimoine » dans une municipalité socialiste ou le choix de la couleur rose aurait à jamais laissé cette œuvre dans l’anonymat ou presque.

Le choix du bleu ciel occulte le coût de l’œuvre et déclenche la polémique. Signalons au passage que je n’ai aucune controverse particulière avec l’artiste ; je n’ai fait que transmettre de nombreux avis sur son œuvre.

Alors fusent les accusations : indigne, inacceptable, scandaleux, stupide, inculte ; avec en perspective des comités de vigilance. La focalisation des médias sur une commune FN n’étonnera personne.

Les très nombreux messages d’encouragements et les centaines de réactions positives sur internet me confortent dans notre volonté de rechercher le bien-être pour Hayange et ses habitants. Les attaques visent un maire FN avant tout, le reste n’est qu’accessoire. Les mois qui suivront permettront la mise en place de mesures nécessaires au changement et cela sera plus qu’un simple coup de pinceau.

Marine Le Pen en tête au premier tour : jusqu'où peut-elle aller ?

Marine Nanterre
D'après un sondage publié par MarianneMarine Le Pen arriverait en tête au premier tour de l'élection présidentielle. Pour le sondeur Jérôme Saint-Marie, la présidente du FN pourrait encore progresser.

D'après un sondage Ifop publié ce jeudi dans Marianne, si le premier tour de l'élection présidentielle avait lieu dimanche, Marine Le Pen arriverait en tête avec 26% des suffrages. Nicolas Sarkozy est lui crédité de 25% des voix. Quant au président de la République sortant, il serait éliminé avec 17% des votes. Comment analysez-vous ce résultats?

Jérôme Sainte-Marie: Ces niveaux, qui auraient été irréalistes il y a peu, apparaissent en cohérence avec les résultats des récentes élections européennes. C'est tout d'abord vrai concernant Marine Le Pen. En effet, les 24,85% des suffrages exprimés obtenues alors par les listes du Front National indiquaient une force inédite pour ce parti, lequel avait jusqu'alors toujours atteint un score moindre lors du scrutin européen par rapport à la présidentielle antérieure. Ainsi, depuis le soir du 25 mai, la qualification de Marine Le Pen au second tour de 2017 est devenue l'hypothèse la plus probable. Ensuite, l'élimination annoncée du candidat socialiste est également en ligne avec le très faible score des listes soutenant le gouvernement lors des européennes - 14%, soit encore moins que Michel Rocard en 2004. L'impopularité présidentielle mesurée par les sondages depuis deux ans a trouvé une concrétisation électorale lors des scrutins municipaux et européens cette année, et tout indique qu'il pourrait en être de même lors des élections futures. C'est un élément central de la crise politique en cours, et un facteur de déstabilisation du pouvoir en place qui aura de grandes conséquences.

Marine Le Pen arrive en tête au premier tour? Quel est son potentiel électoral? Jusqu'où peut-elle aller?

La notion de potentiel électoral est discutable, tant, dans la situation anormale que nous connaissons, où les citoyens expriment une défiance sans précédent pour les institutions et le personnel politiques, les lignes de clivage se déplacent et les fidélités se dénouent. Cependant, un sondage de l'institut PollingVox réalisé en juin indiquait que 45% des Français inscrits sur les listes électorales pouvaient voter pour un candidat ou une liste soutenue par le Front National. Le fait que 55% des sympathisants de l'UMP le déclaraient aussi révèle une marge de progression forte, cette fois-ci surtout au dépends de la droite. Ce qu'enregistre le sondage de l'IFOP n'est donc pas un mouvement d'humeur, mais une disposition durable de l'électorat, qui pourrait s'amplifier encore au gré de la progression du chômage, de la division des partis traditionnels, et des troubles identitaires affectant le pays.

En cas, de qualification pour le second tour, peut-elle gagner la présidentielle?

Pour l'heure, cela n'est pas le cas, une part majoritaire des électeurs excluant de voter pour un candidat frontiste. Cependant, la dynamique insufflée depuis le congrès de Tours en janvier 2011 n'a pas épuisé ses effets. De plus, la discordance entre la structuration bi-partisane de la vie politique française d'une part, et la réalité des clivages sur la plupart des sujets d'autre part, est devenue lisible pour le plus grand nombre. Dès lors, Marine Le Pen devient une candidate crédible à l'élection présidentielle, même si sa victoire demeure improbable, surtout dans l'hypothèse où, comme le montre le sondage de l'IFOP, elle serait affrontée à un candidat de l'UMPlequel bénéficierait de reports de voix de gauche.

La gauche est au plus bas. Peut-on parler de recomposition du paysage politique? Le FN est-il d'une certaine manière en train de remplacer la gauche?

La crise politique actuelle est d'abord la crise de la direction socialiste. En particuliers, le pacte de responsabilité a sonné pour l'électorat de François Hollande comme un reniement non seulement de son discours de campagne, mais aussi comme un renoncement à la fonction redistributive assignée à la social-démocratie. En effet, ce n'est pas seulement le manque de résultats qui est en cause, et encore moins les problèmes de communication de l'exécutif, mais bien davantage l'implosion de l'identité de la gauche. Il est d'ailleurs remarquable que Manuel Valls ne réalise pas dans cette étude un score supérieur à celui de François Hollande, malgré une popularité personnelle bien meilleure. La faiblesse du score total de la gauche dans ce sondage révèle d'ailleurs, et c'est tout le problème de Jean-Luc Mélenchon, que la politique suivie par l'actuel Président de la République entraîne dans son discrédit l'ensemble des courants l'ayant soutenu le 5 mai 2012La fin du clivage gauche-droite, si souvent annoncé et jamais vérifié, devient aujourd'hui un fait d'opinion, et peut-être demain un événement électoral.

Entretien avec Jérôme Sainte-Marie, président de l'institut de sondage PollingVox du 31/07/2014