mardi 31 mai 2016

Marion Maréchal-Le Pen, député de Vaucluse, était l’invitée du Talk Orange-Le Figaro le 31/05/2016


Touraine prépare les hôpitaux pour le privé

Touraine 1 PS

Communiqué du CAP Santé du 31/05/2016

Aujourd’hui, lors de la réunion de l’Association des Maires de France, le grand thème est bien sûr, la baisse des dotations de l’Etat. Mais on parlera aussi d’un sujet porté par un décret du 27 avril, celui de la création de Groupements Hospitaliers de Territoire.

Prévus pour fournir de l’offre de soins de proximité et améliorer les déserts médicaux, ces groupements devaient associer les maires à la construction du dispositif : or, la dernière mouture ne leur donne plus qu’une place de contrôle a posteriori.

Lors du débat sur « la santé et accès aux soins », la Ministre devra donc s’expliquer devant les élus sur la restriction de ses promesses. Elle devra aussi justifier que ces groupements hospitaliers sont porteurs à la clé de 3,5 mds d’économie, qui seront à l’origine de perte de lits d’hospitalisation et d’emplois, alors même que nous en manquons cruellement.

Elle expliquera aussi, si elle est honnête, qu’il s’agit d’une atteinte de plus à la fonction publique hospitalière. Enfin, elle devra aussi dire qu’il s’agit d’un schéma opérationnel, que les acteurs du privé, qui lorgnent sur ce marché, devraient pouvoir trouver totalement à leur goût.

Le Docteur Joëlle Mélin, avec tous les experts du CAP Santé et du CAP Fonction publique hospitalière, dénonce cette planification, qui permettra la rentabilité qu’attendent les investisseurs privés lors de leur main-mise potentielle sur le système, alors même que tous les français attendaient un système de santé efficace, équilibré pour leur seul profit.

Front National

Projet de loi «modernisation de la justice au XXIe siècle» : les automobilistes traqués comme des délinquants

Bay affiche régionales 2015

Communiqué de presse de Nicolas Bay, Secrétaire général du Front National, Député français au Parlement européen du 31/05/2016

Vaches à lait du gouvernement – les radars ont fait gagner à l’Etat 789 millions d’euros en 2015 selon un rapport de la Cour des comptes -, les automobilistes seront bientôt traqués en permanence sur les routes de France. D’après l’article 15bis B du projet de loi de «modernisation de la justice du XXIe siècle», les autorités auront désormais accès aux « informations et données physiques et numériques embarquées » dans chaque véhicule.

Sous prétexte de vérification du respect des règles de sécurité, ces informations sur le comportement des automobilistes pourront même être transmises aux compagnies d’assurances, qui ne manqueront pas de les utiliser afin, par exemple, de surtaxer ceux qu’elles estimeront les plus dangereux.

Après la loi liberticide sur le Renseignement votée il y a un an et qui permet de contrôler les courriers électroniques et les communications téléphoniques des Français, le gouvernement socialiste poursuit sa dérive totalitaire en s’immisçant dans la vie privée des citoyens et notamment dans leur véhicule personnel.

Cette nouvelle atteinte aux libertés individuelles est extrêmement inquiétante. Elle révèle une volonté de construire un État « Big Brother » qui régente le quotidien de chacun de nos compatriotes. Face à ces dérives liberticides, le Front National refuse que les automobilistes soient considérés comme des délinquants et entend défendre les droits fondamentaux des Français.

Front National

Le président de la Commission européenne au Congrès des Maires : le syndrome de Stockholm frappe-t-il l’AMF ?

Rachline Ravier Sénat

Communiqué de presse de David Rachline, Sénateur-Maire de Fréjus, et de Stéphane Ravier, Sénateur-Maire du 7ème secteur de Marseille du 31/05/2016

Alors que s’ouvre aujourd’hui, leur 99éme congrès, les maires de France se plaisent souvent à rappeler l’importance des communes dans le maillage territorial, l’encrage de ces collectivités dans l’histoire de notre pays et la proximité de cette institution vis-à-vis de chaque Français !

Or, dans le même temps, l’Association des Maires de France (AMF) accueille, pour inaugurer ce salon, M. Juncker, président de la Commission européenne, cette instance qui pousse la France à se couper de son histoire en faisant disparaitre cette belle spécificité hexagonale des communes au profit de grande intercommunalités !

Où est la cohérence ?

Ce mouvement se fait de façon progressive mais une des grandes étapes a été la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) ; bien évidemment les parlementaires du Front national ont voté contre cette réforme!

Cette loi sensée répondre à la problématique du « mille-feuille territorial » est en réalité un moyen de faire disparaître petit à petit les collectivités de proximités (communes et départements) au profit de collectivités géantes (intercommunalités et grandes régions). Cette politique étant dictée par Bruxelles qui encourage cette« landerisation » de la France, organisation qui méconnait l’histoire de la construction de la nation française et la diversité de nos territoires !

Le Front national, comme un grand nombre d’élus locaux, refuse cette ineptie et demande un changement politique profond pour préserver notre modèle communal et, dans le même temps, améliorer l’égalité entre les territoires en préservant les spécificités locales !

Aujourd’hui le gouvernement à travers divers mesures fait tout pour mettre les communes en grande difficultés ; les exemples ne manquent pas : baisse des dotations de l’État, rythme scolaire, normalisation excessive, etc.

Marine Le Pen, dans son programme présidentiel aura l’occasion de faire des propositions fortes pour défendre notre modèle d’organisation territoriale reposant sur le triptyque commune- département-État, garant d’un réel encrage social, démocratique et culturel, et en franche opposition avec celui de M. Juncker, soutenu par l’UMPS, d’intercommunalités-grandes régions-Union européenne !

Les communes sont l’échelon idéal pour recréer du lien social et pour œuvrer à la défense du bien commun ; c’est ce que font tous les jours des milliers d’élus locaux et notamment ceux du Front National !

David Rachline

Le jardin des morts

Verdun Meuse

Tribune de Gilbert Collard, Député du RBM-FN du Gard, Secrétaire général du Rassemblement Bleu Marine, Membre du bureau politique du FN du 30/05/2016

Verdun, « le jardin des morts ». Trois cents jours et trois cents nuits d’une horrible bataille. Des croix de bois, des croix fantômes sur l’immense charnier du sacrifice où s’accomplit « la plus terrible bataille que l’humanité ait connue ».

Ils sont morts pour la patrie, un mot aujourd’hui démodé, un mot qu’il faut tuer comme ces poilus qu’on tue une deuxième fois en transformant l’hommage en marathon morbide, en zinzins, en tam-tams, en échasses. Tout cela est voulu, tout ce cirque n’est pas le chapiteau improvisé de l’auguste Merkel et du contre-pitre Hollande.

Il faut que ces morts, « ces petits gars », comme ils s’appelaient entre eux, s’effacent de la mémoire héroïque pour entrer dans le spectacle, le festif, la dansette médiatique. Ils ont aimé la patrie, le pays, au point de mourir si jeunes : il faut en rire, en courir au milieu des tombes, au milieu des morts, au milieu des silences dans lesquels se sont figés pour l’éternité les visages des sacrifiés.

Tout ce cirque est voulu : l’armée des pitres saccage l’armée des morts !

Tout ce cirque est voulu : l’armée des pitres transforme en bouffonnerie le sacrifice collectif d’hommes qui chantaient en mourant : « ils ne passeront pas ! ».

C’est l’idée de patrie qu’ils veulent, l’air de rien, l’air de clowns, ridiculiser ; c’est l’idée du sacrifice qu’ils veulent rendre futile en le scénarisant dans un jogging sur la verte pelouse aux croix blanches.
Que dirait Lazare Ponticelli, le dernier poilu à qui hommage fut rendu aux Invalides, de cette course molle, dégingandée, sur les tombes de ses frères d’armes, tombés au champ d’honneur… Aujourd’hui, déshonorés !

Gilbert Collard

Artisans bouchers-charcutiers : l’Etat ne doit pas se départir de sa mission de prévention sanitaire

Marion Carpentras nov 2015

Marion Maréchal-Le Pen interroge M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, sur les règles de prévention sanitaire auxquelles sont astreints les artisans bouchers-charcutiers le 31/05/2016

Le cas d’encéphalopathie spongiforme, dit de la « vache folle », découvert dans les Ardennes à la fin du mois de mars dernier a suffi pour faire passer notre pays de « statut à risque négligeable » à « statut à risque contrôlé ». Ce nouveau classement à risque est appelé à durer plusieurs années.

Malgré l’isolement de ce cas de « vache folle », l’Agence européenne continue d’appliquer des règles sanitaires drastiques et très onéreuses pour les artisans bouchers, comme l’obligation d’isoler des carcasses, de retirer des vertèbres ou encore de désosser par séquence des muscles attenants à la colonne vertébrale. Inquiets face à une situation dont ils ne sont pas responsables, les professionnels de la filière viande sont en outre confrontés à une importante hausse des prix de l’équarrissage auquel ils doivent faire appel pour collecter le contenu du bac recevant les os et esquilles d’os.

Elle demande si le ministre négocierait des mesures de soutien pour les artisans confrontés aux règles de l’Agence européenne. Egalement, elle demande si le service d’équarrissage, répondant à une mission de salubrité publique, ne devrait pas être assuré par l’Etat afin d’épargner les bouchers-charcutiers des coûts qu’il engendre.

Front National

« L’agrégation pour tous » ?…

Salle de classe


Communiqué de Presse du Collectif Racine des enseignants patriotes du 31/05/2016

A la faveur de l’élection présidentielle qui approche, le ministère de l’Education nationale s’avise de la nécessité de revaloriser les carrières des enseignants. Ainsi, après avoir accordé, au début du mois, une augmentation aux professeurs des écoles, annonce-t-il qu’au 1er janvier 2017, l’ensemble des enseignants verront leurs salaires augmenter, une enveloppe globale de 500 millions d’euros étant prévue à cette fin.

S’il est impératif d’infléchir la dévalorisation de la fonction enseignante, ce qui exige notamment l’augmentation de salaires qui étaient passés sous la moyenne de l’OCDE après des années de gel, le fait est que le gouvernement déconnecte ces deux exigences. S’il s’agit pour lui de rapprocher l’ensemble des salaires de celui des agrégés, au point qu’un responsable CFDT voit dans la mesure une « agrégation pour tous », celle-ci ne fait par contre l’objet d’aucune revalorisation spécifique.

Par de telles mesures, c’est l’inspiration méritocratique qui doit être celle de notre Ecole, pour les élèves comme pour les enseignants, que le gouvernement sacrifie un peu plus. Ce cadeau électoral, outre qu’il ne remédiera pas à la crise des vocations que connaît un métier largement confronté à la violence sociale et entravé dans sa mission de transmission du savoir, banalisera un concours devant demeurer pourtant un modèle d’excellence et, à ce titre, une source d’émulation.

Collectif Racine

Financement du camp de migrants de Grande-Synthe : le contribuable français réglera intégralement la facture !

Briois 8

Communiqué de presse conjoint de Steeve Briois, Maire d’Hénin Beaumont, député européen et vice-président du Front National, et Philippe Eymery, Conseiller municipal de Dunkerque, Conseiller régional et président du groupe Front National au conseil régional des Hauts de France du 31/05/2016

A l’occasion d’un déplacement à Grande-Synthe, Bernard Cazeneuve et Emmanuelle Cosse ont signé une convention tripartite avec le Maire écologiste, Damien Carême et l’AFEJI (association pro-migrant). Convention qui scelle la participation de l’État dans la gestion du nouveau camp de migrants. Avec cet accord, le gouvernement socialiste engage l’Etat à financer l’intégralité des charges de fonctionnement du camp, évaluées à 4 millions d’euros par an. Somme qui s’ajoutera aux 9,90 euros par jour versés à chaque migrant clandestin.

Initialement réticent à l’ouverture d’un tel camp, le gouvernement de Manuel Valls a cédé au chantage du maire écologiste de Grande Synthe. En effet, plutôt que d’organiser le retour ou la relocalisation de ces migrants, l’Etat va au contraire pérenniser leur installation et faire du territoire de la ville, un nouveau pôle d’attraction à l’immigration illégale. A l’enfer des Calaisiens, s’ajoutera bientôt l’enfer des Grand-Synthois, contraints de vivre dans la peur, les nuisances en tout genre voir les attaques physiques graves à l’image de ce qu’il s’est passé la semaine dernière dans la jungle de Calais, où une rixe opposant des migrants soudanais et afghans, a tourné à l’émeute et fait 57 blessés dont 5 permanents associatifs.

Le Front National condamne la décision du gouvernement et demande une nouvelle fois le démantèlement immédiat et définitif du camp de migrants de Grande-Synthe. L’argent des contribuables ne doit pas être gaspillé pour nourrir des pompes aspirantes à l’immigration. Bien au contraire, il doit servir à financer le placement en rétention administrative ainsi que l’expulsion de notre territoire national de tout migrant présent irrégulièrement sur le territoire national.

Front National

Législative partielle dans les Alpes-Maritimes : le FN progresse de 15% face à Estrosi !

Brutti FN

Communiqué de Marion Maréchal-Le Pen , député de Vaucluse, du 30/05/2016

Ce dimanche, le candidat du Front National, Michel Brutti, a rassemblé 36% des électeurs lors de l'élection législative partielle se déroulant dans la 5ème circonscription des Alpes-Maritimes. Le FN progresse de 15% par rapport à l'élection de 2012 !

Cette circonscription regroupant les quartiers Ouest de Nice et le moyen et haut-pays niçois est le cœur du système Estrosi que notre candidat a inlassablement dénoncé pendant cette campagne. Non seulement Christian Estrosi en était le député jusque là, mais les cantons niçois de cette circonscription ont vu l'élection de son ex-femme et de son héritière à l'Assemblée. Quant aux vallées, elles sont considérées comme des "fiefs" estrosistes.

Si Christian Estrosi n'était "que" suppléant de la candidate, son nom était écrit en plus gros que celui de cette dernière sur les tracts !

Et pourtant, face à Christian Estrosi lui-même donc, notre candidat a progressé de 5% entre les deux tours, mais amplifie le résultat obtenu lors de la précédente législative de 15%. Dans certains bureaux niçois ou certaines communes la progression entre les deux tours dépasse 20% !

Cet excellent résultat démontre une fois de plus que le système Estrosi s'affaiblit scrutin après scrutin, et je tiens à féliciter Michel Brutti et le FN des Alpes-Maritimes pour ce score.

Marion Maréchal-Le Pen

Les intérêts communs de Marine et Marion Le Pen

Marine et Marion 27112015

En claquant la porte du  «Rendez-vous de Béziers»,  Marion Maréchal-Le Pen  a montré les limites de l'opération de Robert Ménard. Le maire de la ville voulait construire des «passerelles » entre le Front National et la droite  ; il n'a réussi qu'à souligner les tensions internes à la mouvance lepéniste. L'impromptu de Béziers a de quoi rassurer Marine Le Pen car il montre que rien ne peut se construire dans son camp sans elle. Mais il met aussi en évidence des questions qu'elle devra résoudre si elle veut arriver au pouvoir.

L'existence de deux sensibilités au Front national n'est pas nouvelle. Voilà longtemps qu'on oppose un «Front du Nord » et un «Front du Sud». Si les deux ont en commun de mettre les questions de l'Europe et de l'immigration au centre de leur discours, le premier a prospéré - de Dunkerque à Besançon - sur la désespérance sociale d'électeurs dont beaucoup de gauche, quand le second, plus ancien, a construit son succès, de Nice à Perpignan, sur le rejet d'une droite jugée trop molle.

La nouveauté, c'est que ce clivage s'est incarné depuis deux à trois ans dans deux personnalités que tout oppose : Florian Philippot et Marion Maréchal-Le Pen. Et cette personnalisation a conduit à ajouter à ce clivage sociologique et géographique un clivage culturel et sociétal. La benjamine de l'Assemblée s'est distinguée en montant au créneau contre le mariage pour tous, l'euthanasie et les dérives des lois bioéthiques ; le député européen juge ces questions pas plus importantes que «la culture du bonsaï ». En matière économique, Philippot tient un discours pas si éloigné de celui de Mélenchon - il refuse par exemple de condamner l'attitude de la CGT -, quand Maréchal-Le Pen assume un discours pro-entreprises.

De manière de plus en plus affirmée, la sensibilité Philippot donne le «la » de la ligne du FN. Une intervention de l'élue de Franche-Comté Sophie Montel sur l'avortement, lors du rassemblement du 1er mai, a ainsi avivé l'inquiétude de la sensibilité pro-famille. C'est donc pour imposer à Marine Le Pen un rééquilibrage de la ligne du Front National que Robert Ménard a lancé son opération du week-end dernier.

La faiblesse de l'initiative du maire de Béziers est d'être apparue comme une critique de la présidente du Front National. Qui l'affaiblit au lieu de la renforcer. Marion Maréchal-Le Pen compris que toute dissidence serait mortifère. Pour les chances du FN en général, et pour son avenir personnel en particulier. Forte d'une popularité équivalente à celle de sa tante, elle a choisi de conjuguer autonomie d'expression et de position et loyauté envers la présidente du parti. Elle accepte ainsi de parler d'«alliances » avec Madeleine de Jessey, leader de Sens commun (les Républicains) dans un long dialogue publié cette semaine dans l'hebdomadaire Famille chrétienne , mais se retire de Béziers quand elle juge la ligne rouge franchie.

Si son autorité est incontestée, Marine Le Pen aurait tort cependant de négliger cette sensibilité qui exprime plus que des convergences avec une partie de la droite. Certes, elle se prépare à affronter au second tour un candidat de droite. Elle aura donc besoin à ce moment d'attirer des électeurs venus de la gauche. Ce qu'elle fera plus facilement en suivant la ligne Philippot. Mais sa progression dépend tout autant de sa capacité à séduire des électeurs de droite attachés à un certain libéralisme économique et à une forme de conservatisme sociétal.

Or Marion Maréchal-Le Pen est la mieux placée pour toucher les dividendes de reclassements à droite après 2017. Si la benjamine a intérêt à rester loyale à l'aînée des Le Pen, la tante a tout autant intérêt à s'appuyer davantage sur sa nièce.

Par Guillaume Tabard le 30/05/2016


Note BYR : Pertinente l'analyse de Guillaume Tabard sur les "deux" FN, mais, rassurez-vous il y a beaucoup de cadres, de  militants et d'adhérants qui sont aussi bien partisans du "Sud' comme du "Nord". Contrairement aux cousins germains de "droite" et de gauche, le Front National est uni derrière sa présidente, qui est aussi sa candidate à l'élection présidentielle.

"L’Union des droites est une vieille ritournelle qu’on entend depuis un siècle et demi, et qui ne s’est jamais concrétisée"

De Benoist Alain

Le 15 avril 2015, Alain de Benoist répondait aux questions de Nicolas Gauthier. Un éclairage intéressant au lendemain des rencontres de Béziers. Ces dernières étant censées être un tremplin pour une union des droites dans la perspective des présidentielles de 2017. Personnellement je pense qu'effectivement il ne faut pas tomber dans le "piège" d'une "union des droites" qui, on le sait bien, ne profitera qu'aux partis européistes et libéraux que sont aussi bien celui de Nicolas Sarkozy que celui de Jean-Christophe Lagarde, d'ailleurs des cousins germains du PS et de leurs alliés du PRG, des écologauchistes ,du PCF et de l'extrême-gauche. "Ni droite, ni gauche" c'était déjà le slogan frontiste en 1995, et à mon avis il l'est toujours !


Depuis les dernières élections départementales, de nombreux commentateurs politiques évoquent la naissance du tripartisme. Est-ce véritablement une nouveauté, sachant qu’après-guerre il y avait en France un quadripartisme (PC-SFIO-MRP-RPF) ?

C’était à l’époque de la IVe République. Sous la Ve République, la vie politique s’est résumée à l’alternance régulière entre deux blocs dominés chacun par un grand parti. Ce système était favorisé par un mode de scrutin majoritaire à deux tours qui semblait exclure l’arrivée au pouvoir d’un troisième prétendant. Mais ce système ne fonctionne plus dès qu’un tiers parti conquiert de façon durable plus de 25 % de l’électorat. Nous y sommes.

Le FN a remporté plus de cinq millions de voix au premier tour des dernières élections départementales, contre 3,3 millions au PS et 3,2 millions à l’UMP. Au second tour, dans les 1.109 cantons où il était présent, il a fait en moyenne 35 %, se positionnant même entre 45 et 50 % dans 99 cantons. Cette performance laisse prévoir des résultats encore meilleurs aux régionales, qui doivent se dérouler à la proportionnelle. On peut donc considérer qu’environ un électeur sur trois vote aujourd’hui en faveur du FN, ce qui confirme que nous sommes entrés dans l’ère du tripartisme : le système politique se structure désormais autour de trois formations principales, attirant chacune entre un quart et un tiers des électeurs.

Dès l’instant où le FN est susceptible d’être présent au second tour de la présidentielle, tout change pour les deux autres partis. Si Marine Le Pen accède au second tour, l’un d’entre eux n’y sera pas. Chacun d’eux doit donc chercher à s’imposer à l’autre dès le premier tour, ce qui implique de changer complètement de tactique et, pour commencer, d’accélérer le processus de désignation de son candidat. Parallèlement, l’élimination du FN devient le but principal des deux autres partis, leur espoir étant de revenir au statu quo ante – alors même que ce sont leurs échecs répétés qui ont fait d’eux, à leur corps défendant bien sûr, les meilleurs sous-marins de la Marine nationale !

Ce tripartisme actuel ne serait-il pas finalement un nouveau bipartisme déguisé (FN contre UMPS) qui transcenderait définitivement le vieux clivage droite/gauche ?

Le tripartisme ne peut être que provisoire. On ne connaît en tout cas aucun pays occidental de tradition bipartite où, depuis un siècle, un nouveau parti soit parvenu à exercer le pouvoir. Mais comment faire émerger un nouveau bipartisme ? Marine Le Pen se présente déjà comme seule alternative possible à « l’UMPS ». Mais il faut aussi noter que l’UMP recouvre en réalité deux partis : un parti conservateur souverainiste et un parti centriste libéral. Ces deux éléments ne tiendront pas longtemps ensemble. Il en va de même du PS, qui associe un parti social-libéral et un parti social-démocrate (les « frondeurs »). La logique voudrait que les libéraux de « droite » et de « gauche » se regroupent à terme, et que les souverainistes de l’UMP rejoignent le FN. On y gagnerait en clarté.

À ce titre, quid de la fameuse « Union des droites », vieille antienne des milieux « nationaux » qui n’a jamais vu le jour, contrairement à l’Union de la gauche qui avait amené François Mitterrand au pouvoir, tout en réduisant l’allié communiste à l’état que l’on sait ?

L’Union des droites est une vieille ritournelle qu’on entend depuis un siècle et demi, et qui ne s’est jamais concrétisée. L’idée sous-jacente est qu’en dépit de divergences mineures, toutes « les droites » pensent fondamentalement la même chose, ce qui est parfaitement faux. Pour le Front National, d’ailleurs, s’allier à droite, mais avec qui ? Sarkozy s’est déjà déclaré prêt à engager contre le FN une « lutte à mort ». Alors, s’allier avec Christine Boutin ? Avec Dupont-Aignan ? Pour gagner 0,05 % des voix ? Marine Le Pen a au contraire tout intérêt à se situer en dehors d’un clivage gauche-droite qui ne veut plus rien dire, et dont les classes populaires ne veulent plus entendre parler. Entre l’UMP, qui n’ose pas avouer qu’elle n’est plus gaulliste, et un PS qui n’ose pas avouer qu’il n’est plus socialiste, elle a tout intérêt à combattre simultanément ceux qui ont trahi la droite et ceux qui ont trahi la gauche, en récupérant d’un côté les déçus de la nation et de l’autre les déçus du socialisme. Son but principal à droite étant de plumer la volaille UMP, pendant que Manuel Valls, enfermé dans le cockpit, reste sourd aux cris des électeurs qui tambourinent à la porte.

L’enracinement sociologique du FN (qui mobilise plus de 40 % du vote ouvrier) rappelle celui du Parti communiste à la fin des années 1960. Sa vocation majeure est de se situer au point de confluence des revendications nationales et des revendications sociales, ainsi que le gaullisme l’avait fait en son temps.

C’est sans doute possible pour autant que Marine Le Pen se débarrasse définitivement des nostalgiques de tout poil et qu’elle résiste aux sirènes petites-bourgeoises qui voudraient la voir infléchir son programme économique et social dans un sens plus libéral.

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.